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Sénégal-Géologie : valoriser les géosites pour conserver le patrimoine géologique

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Gane Thiao dans la vallée de Kondjo (Dindéfélo - Kédougou, Sud-Est du Sénégal)

Les géosites sont inconnus du grand public au Sénégal. Pourtant, de merveilleux sites géologiques existent dans plusieurs régions du pays. Le Ministère des Mines et de la Géologie a initié un programme pour les valoriser. Où en est-on ? Quelle en est la finalité ? Que cachent ces merveilles de la nature ? On en parle avec Gane Thiao, ingénieur géologue, Chef de division de la réhabilitation des sites miniers et carrières, en charge du programme de valorisation des géosites.

C’est quoi un géosite ?

Les géo-sites font partie du patrimoine géologique naturel. Quand on parle de nature, on fait allusion aux structures rares, à leurs aspects esthétiques et scientifiques qui permettent de mettre l’accent sur ces sites dans le cadre de la protection et la conservation du patrimoine géologique.

Pouvez-vous nous donner un exemple de géosite au Sénégal ?

Nous avons le phare des Mamelles qui est issue du volcan de Dakar. Le lac rose qui est un géosite hydraulique, les chutes de Dindéfélo, et au niveau de la petite côte également, les îles Madeleine et Gorée.

Est-ce vous qui décrétez certains lieux comme étant des géosites? 

Non ce n’est pas à notre niveau. Quand on parle de géosite, on prend en compte l’aspect géologique. C’est à dire que le lieu a une valeur particulière par rapport au reste de la nature. Un affleurement peut être considéré comme un géosite. Par exemple, les pillows de Mako, on ne les trouve que dans ce site.

Les dents de Dande

Qu’est-ce qui vous amène à penser à la valorisation de ces géosites ?

Il faut d’abord souligner que la géodiversité, qui est un support de la biodiversité, a été oublié depuis très longtemps.  On ne parle que de cette dernière. Donc, avec le concours du label  géoparc de l’Unesco, nous avons pensé, en tant que Ministère des Mines et de la Géologie, à la conservation du patrimoine historique géologique de la nature.  Et l’idée nous est venue de l’ex ministre des mines, Madame Sophie Gladima en 2020.

Cela fait 3 ans maintenant. Qu’est-ce qui a été fait, depuis ?

Au début du projet, avec l’ex ministre, nous avions fait un inventaire qui était accès sur trois zones : la zone de Dakar, la zone de Kédougou et la petite côte. Ensuite, nous avions remarqué que pour que cela soit concret, il fallait beaucoup de moyens. Donc, nous avions programmé de déposer un projet en maturation au niveau de la DGPPE pour que l’Etat puisse estimer son importance et qu’il l’intègre dans son programme. C’est ainsi que nous avons dénommé le projet «  Programme de Valorisation des Sites Géologiques ».

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En 2021, nous avions fait une évaluation des trois zones qui étaient ciblées. C’est dans ce sens qu’on a coopté le cabinet GPC. Nous avons fait l’inventaire de l’ensemble des sites géologiques spectaculaires. En 2022 aussi, nous avions fait la même chose au Sine-Saloum. Nous avons été voir les amas coquillers, les mégalithes qui sont issus des affleurements de roches et qui ont un historique car en interrogeant la population, nous avions su que ces mégalithes représentent des cimetières et c’est le cas à Sine Nguéyène.

La source des chutes de Dindéfélo

Après l’identification des sites, quelle est l’étape suivante ? 

L’identification des sites se poursuit avec les régions de Saint Louis et Louga, pour le Nord, mais également au Sud du Sénégal, en Casamance. Nous allons évaluer et identifier les sites et pousser ceux de Dakar et Thiès pour au moins avoir un document global de l’ensemble des parties du Sénégal.

Le maire de Dindéfelo nous avait écrit pour un accompagnement. Donc nous n’avons pas perdu du temps. Nous avions jugé nécessaire d’explorer la zone car étant la plus visitée. Nous avons réhabilité le centre.

Toutefois, la remarque que nous avons faite, c’est que les guides touristiques ne maîtrisaient pas bien la géologie alors qu’ils connaissaient parfaitement les autres aspects historiques et esthétiques du site. De ce fait, nous les avons formés sur l’aspect géologique.

Les termitières champignons

On sait que Dindéfélo est déjà un site hors du commun. Est-ce suffisant pour être reconnu comme un géoparc par l’Unesco ?

Je peux dire que oui. Tout ce que nous faisons, nous le présentons à l’Unesco. Nous leur rendons toujours compte. La représentante de l’UNESCO était  présente à la journée du 6 octobre (Ndlr : Journée Internationale de la Géodiversité, célébrée au Ministère des Mines et de la Géologie). 

Sur le plan des structures géologiques on peut dire qu’il y a certaines qui méritent d’être valorisées. Ce qu’il reste à faire, c’est d’écrire une lettre à l’Unesco, lui notifiant si le site mérite d’être érigé en géosite ou non. L’évaluation a été faîte, nous avons réalisé des magazines pour expliquer les sites qui y sont. Toutes les informations sont disponibles. D’ailleurs nous sommes en train de construire un centre dédié aux femmes pour le développement local. On les accompagne et les aide à comprendre la richesse qu’elles ont, pour en faire le premier géoparc d’Afrique de l’Ouest.

Réalisé par Abdou Diouf Junior

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