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Sénégal-Mines : Les anciens des ICS fustigent un « banditisme économique » et prônent sa renationalisation

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Les membres du Conseil National des dirigeants d’entreprises du Sénégal (CNDES) et du Groupe Secteur Privé et Développement (GSPD), ainsi que d’anciens employés des Industries Chimiques du Sénégal (ICS), ont adressé une requête à l’Etat sénégalais pour la renationalisation de la société. Selon eux, cette décision permettrait de redresser la situation de l’ICS qui perd du terrain dans le marché africain des engrais.

Monsieur Aziz Ndiaye, porte-parole du collectif, a souligné que la renationalisation est possible et peut se faire sans grande difficulté. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « banditisme économique » orchestré par les ICS depuis plusieurs années.

« Les Industries Chimiques du Sénégal doivent à l’Etat plus de 200 milliards de francs en redevances minières qu’elles refusent de payer malgré leur caractère obligatoire selon le code des mines », a-t-il déclaré.

Ndiaye a également souligné que l’entreprise semble intouchable et n’apporte aucune contribution financière à l’Etat. En effet, les ICS ne paient ni impôts sur le revenu, ni TVA, ni droits de douane, encore moins de redevances minières.

Le porte-parole du collectif estime que la dette des ICS (supérieure à son capital de 130 milliards de francs) offre une opportunité de renationaliser l’entreprise. L’Etat pourrait ensuite ouvrir progressivement le capital aux investisseurs privés nationaux avant de se retirer complètement.

Depuis 2014, les ICS sont contrôlés par le groupe indonésien Indorama, via sa filiale Indorama Private limited. Le capital est structuré avec des parts des différents partenaires avec Indorama qui détient 78% des parts, le gouvernement du Sénégal avec 15%, IFFCO 6,78% et le gouvernement de l’Inde qui détient 0,22%.

Concernant la production d’engrais, M. Ndiaye a rappelé les accords qui lient le Gouvernement du Sénégal à IFFCO et qui prévoyaient que 20% de la production d’acide phosphorique soient réservés à l’usine de Mbao pour la fabrication d’engrais. Cette production aurait pu couvrir les besoins en engrais du Sénégal jusqu’à 300 000 tonnes.

Cependant, en 2013, l’Etat du Sénégal a décidé de céder la totalité de l’acide phosphorique à IFFCO, privant ainsi le pays de ses 20% d’acide et de sa capacité à produire des engrais. Ce qui donne la possibilité désormais aux ICS d’exporter la totalité de son acide phosphorique essentiel pour la fabrication d’engrais vers l’Inde qui est un grand pays agricole.

Cependant, il est important de noter que la renationalisation des ICS est une question complexe qui dépend de plusieurs paramètres. Il est important d’analyser tous les aspects de la situation avant de prendre une décision définitive.

Yanda Sow

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