Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur électrique. Réuni ce jeudi 19 février 2026 à Dakar, l’atelier de présentation du bilan du Contrat de performance 2021-2024 entre l’État et la Société nationale d’électricité (Senelec) a mis en lumière des résultats jugés globalement satisfaisants, tout en traçant les contours des prochaines réformes.
La rencontre, présidée par le Ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, en présence du Directeur général de la Senelec, a rassemblé les principaux acteurs institutionnels, partenaires techniques et financiers, ainsi que des experts du secteur. Ainsi, au-delà de l’exercice de restitution, cet atelier s’inscrit dans une dynamique plus large visant à renforcer la gouvernance, la transparence et la culture de performance dans un secteur clé pour la croissance économique du pays.
En effet, signé en 2021, le troisième Contrat de performance entre l’État et la Senelec constitue un levier stratégique pour encadrer la gestion de l’entreprise publique et améliorer l’efficacité du service de l’électricité. À cet égard, il formalise les engagements réciproques, fixe des objectifs précis et mesurables, et renforce les mécanismes de redevabilité. Pour le ministre Birame Soulèye Diop, cet outil traduit une ambition claire : inscrire durablement la fourniture d’électricité dans une logique de performance, de qualité et de transparence, en phase avec les exigences de développement économique et social du Sénégal. De plus, ce cadre contractuel s’aligne sur les orientations de la Vision Sénégal 2050 et de la Stratégie nationale de développement 2025-2029, qui placent l’énergie au cœur de la transformation structurelle du pays.
Dans ce contexte, le bilan présenté à Dakar révèle une performance globale supérieure aux attentes. Sur la période 2021-2024, l’indicateur consolidé de performance a dépassé les 100 %, traduisant des avancées significatives dans plusieurs domaines stratégiques. D’une part, la Senelec a poursuivi la modernisation de son parc de production, contribuant à renforcer la fiabilité du système électrique national. D’autre part, l’entreprise a étendu son réseau à l’échelle nationale, favorisant un meilleur accès à l’électricité pour les populations et soutenant la dynamique de croissance économique. Par ailleurs, des progrès notables ont été enregistrés en matière de qualité de service, notamment à travers la réduction des délais de raccordement et l’amélioration continue de la relation client. Dans le même temps, les efforts d’assainissement et de consolidation financière ont permis de renforcer la viabilité de l’entreprise, condition essentielle à la pérennité du service public de l’électricité. À ce titre, le ministre a salué l’engagement et le professionnalisme du personnel de la Senelec, dont la mobilisation a largement contribué à ces performances.
Toutefois, malgré ces résultats encourageants, des défis structurants subsistent. En particulier, la qualité de service devra continuer à être améliorée afin de répondre à une demande en constante progression. De même, la soutenabilité financière du secteur reste un enjeu majeur dans un environnement énergétique marqué par des mutations rapides. Par ailleurs, la transition énergétique impose de nouvelles exigences, notamment en matière d’intégration des énergies renouvelables et de sécurisation d’un accès universel à une électricité fiable, compétitive et durable. Dans cette perspective, les autorités entendent tirer pleinement les enseignements de ce cycle contractuel afin de renforcer les mécanismes de pilotage, d’améliorer la gouvernance et de consolider les acquis.
Ainsi, le bilan du Contrat de performance 2021-2024 confirme le rôle central de la Senelec dans la transformation du secteur énergétique sénégalais et met en évidence la pertinence du modèle contractuel comme instrument de gouvernance publique. Plus largement, dans un contexte marqué par l’entrée du Sénégal dans l’ère de la production pétrolière et gazière et par l’ambition de faire de l’énergie un levier de compétitivité et de développement industriel, le renforcement de la performance de l’opérateur national apparaît comme un pilier essentiel de la stratégie énergétique du pays. Dès lors, l’enjeu consistera à consolider cette dynamique afin d’accompagner durablement la croissance économique, d’améliorer la qualité du service aux usagers et de soutenir les ambitions du Sénégal en matière de transition énergétique et de développement.
Madiop



