Le commerce extérieur sénégalais a connu un mois d’octobre 2025 particulièrement animé. Portées par le pétrole et l’or, les exportations ont bondi à des niveaux inédits, tandis que la facture des importations s’est alourdie, creusant le déficit commercial sur le mois, malgré une amélioration nette sur l’ensemble de l’année.
En octobre 2025, les exportations du Sénégal se sont élevées à 688,7 milliards de FCFA, enregistrant une hausse spectaculaire de 63,7 % par rapport à septembre et de 93,5 % en glissement annuel. Cette performance repose essentiellement sur la montée en puissance des ventes de pétrole brut, de produits pétroliers raffinés et d’or, confirmant le rôle désormais central du secteur extractif dans l’économie sénégalaise. À l’inverse, les exportations de poissons frais et de ciment ont reculé, sans toutefois inverser la tendance générale.
Sur les dix premiers mois de l’année, les exportations cumulées atteignent 4 786,4 milliards de FCFA, en progression de 56,8 % par rapport à la même période de 2024. Le pétrole brut, les produits pétroliers raffinés, l’or et les acides phosphoriques dominent largement le panier exportateur. Le Mali s’impose comme le premier client du Sénégal, absorbant 21 % des exportations, devant l’Italie (15,7 %), les Pays-Bas (15,6 %), l’Espagne (6,6 %) et l’Inde (4,7 %).
Mais cette dynamique positive est partiellement neutralisée par la hausse des importations. En octobre 2025, celles-ci se sont chiffrées à 796,5 milliards de FCFA, en augmentation de 58,5 % par rapport au mois précédent et de 14,1 % sur un an. La progression est tirée par les achats de matériels de transport, de produits pétroliers raffinés, de machines et appareils ainsi que de produits pharmaceutiques. En revanche, les importations de riz et de pétrole brut ont reculé.
Entre janvier et octobre 2025, les importations cumulées s’élèvent à 6 021,1 milliards de FCFA, soit une hausse plus modérée de 2,7 % par rapport à 2024. La Chine demeure le principal fournisseur du Sénégal avec 11,2 % des importations, suivie de la France (8,4 %), de l’Inde (5,4 %), des États-Unis (4,5 %) et de la Russie (3,6 %).
Conséquence directe de cette évolution, le solde commercial s’est détérioré en octobre pour atteindre un déficit de 107,8 milliards de FCFA, contre 81,9 milliards le mois précédent. Cette dégradation s’explique principalement par l’aggravation des déficits commerciaux avec la Croatie, la France, le Nigeria et les États-Unis. Elle a toutefois été partiellement compensée par une amélioration des échanges avec le Mali, l’Italie, les Pays-Bas et la Suisse, ainsi que par une réduction des déficits avec la Russie et l’Inde.
Sur l’ensemble des dix premiers mois de 2025, le tableau est néanmoins plus encourageant. Le déficit commercial cumulé s’est fortement réduit, passant de -2 810,6 milliards de FCFA en 2024 à -1 234,7 milliards de FCFA en 2025. Une évolution qui illustre l’effet structurant de l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole, tout en rappelant la nécessité de diversifier davantage l’économie et de maîtriser la dépendance aux importations.
Yanda Sow


