En passe de rejoindre le cercle restreint des pays producteurs de pétrole et de gaz dans le monde, le Sénégal s’inscrit dans une dynamique de profiter largement des revenus tirés de cette exploitation d’hydrocarbures pour impulser son développement économique tout en consolidant ses performances dans la transition énergétique.
L’exploitation du pétrole et du gaz aux larges des côtes du Sénégal ne serait pas sans conséquence sur le développement économique du pays. Cependant, les projections de croissance à la suite des découvertes de pétrole et de gaz peuvent s’amenuiser face aux exigences de la transition en cours vers des énergies renouvelables. Ce qui signifie une baisse probable des prix du pétrole à long terme et des perspectives de développements économiques.
C’est pourquoi l’Etat tout en s’inscrivant dans cette dynamique d’aller vers cette transition énergétique, compte par ailleurs saisir les opportunités que lui offre ces découvertes en hydrocarbures d’impacter sur la vie économique et social des sénégalais.
La présidente de l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie Extractive (ITIE) estime que la transition énergétique est une excellente chose mais ne doit pas priver à l’Afrique ses chances de développement économiques. « Il serait important de laisser à l’Afrique l’opportunité de se développer tout en étant exigeant qu’il y ait une transition vers les énergies propres. Cette démarche devrait prendre en compte un aspect important de cette transition, c’est-à-dire qu’il ne soit pas comme ce qu’on a vu ces 2 dernières années en demandant systématiquement d’arrêter les énergies fossiles, et mettre fin au financement de ces énergies fossiles. Ce qui constitue un grave préjudice pour les pays africains » a-t-elle déclaré
Elle ajoute « Pendant ce temps il faut aussi qu’on utilise nos hydrocarbures pour pouvoir apporter des revenus supplémentaires dans notre pays et participer à son développement économique. C’est pourquoi il est important d’avoir une bonne utilisation des revenus des hydrocarbures. D’autant plus qu’on sait que ce n’est pas une ressource qui sera là pour 100 ans mais tout au plus 20 ans 25 ans. Donc on ne peut pas hypothéquer tout notre développement et dire que ce ne sera possible que grâce aux hydrocarbures parce que cela relèverait de l’utopie »
Une Transition énergétique équitable
En revanche l’Afrique n’a pas dit non à la transition énergétique et Il y’a beaucoup d’exemples qui peuvent être cités citer à titre d’exemple ou des efforts considérables sont en train d’être faits sur la question de la transition énergétique. C’est le cas pour des pays comme l’Angola ou le gouvernement travaille sur les énergies renouvelables tout en mettant l’accent sur la transparence sur les revenus. C’est le cas également pour la Mauritanie à coté de nous aussi qui a donné l’exemple de l’hydrogène vert et cela m’a beaucoup marqué.
Toutefois il est important que cette transition soit équitable parce qu’il est incompréhensible de considérer que les pays développés ont pollué le monde pour se développer et qu’aujourd’hui cette opportunité soit refusée aux pays africains qui ne représentent que 3% de la pollution mondiale.
« S’agissant du Sénégal bien qu’on veuille faire plus parce qu’on a des projets de faire 50% de notre mix énergie d’ici 2025. On s’était dit qu’il était important de commencer avec ce mix énergétique et on en est à 30% au Sénégal tout en utilisant les revenus qui seront issus de l’exploitation du pétrole et du gaz pour bâtir notre développement économique »
Toutefois précise Mme Awa Marie Colle Seck « Dieu nous a donné du soleil et on devrait encore faire plus que ça et développer nous-même ces outils parce qu’on ne peut pas nous dire aller vers les énergies propres et que ce sont les mêmes grandes puissances qui vont nous vendre ces produits. Il faudrait que nous aussi qu’on puisse fabriquer ces produits que nous utilisons pour la transition énergétique »
Yanda SOW