Le Sénégal ne contrôle pas l’exploitation artisanale de l’or dans son territoire. C’est ce que semble dire le ministre des mines et de la géologie qui prenait part au panel de haut niveau organisé par NRGI sur les enjeux de la gouvernance des ressources extractives.
Interpellé sur la question de l’orpaillage, M Omar Sarr fait savoir que l’Etat ne sait pas la quantité d’or extraite de son sous-sol. Il estime que l’exploitation artisanale serait évaluée entre 4 à 5 tonnes d’Or. L’ingénieur informaticien, en charge du secteur des mines et de la géologie, enfonce le clou. Il indique que la destination de cet or est inconnue de l’Etat.
« Selon l’ANSD, il ressort de l’exploitation de l’orpaillage au Sénégal 4,5 à 5 tonnes d’or. Toutefois nous n’avons aucune visibilité sur cette production. Ni sur la quantité exacte d’or exploitée ni sur sa destination », avoue le ministre des Mines et de la Géologie.
En effet, c’est plus de 5 tonnes d’ors qui disparaissent chaque année dans la nature, hors des frontières du Sénégal, sans aucune traçabilité. Une situation qui en dit long sur l’absence de contrôle et le manque de maitrise de ce sous-secteur.
« Nous sommes en train de prendre des mesures en vue d’une formalisation de ce sous-secteur. Il faut faire en sorte que ces sociétés soient organisées en GIE », a déclaré Omar Sarr.
Il ajoute : « nous allons construire au moins 3 centres intégrés afin que l’or soit transformé grâce à une semi-mécanisation de l’activité de ce sous-secteur. C’est pourquoi, nous avons senti la nécessité de les aider à s’organiser afin que cet or extrait puisse les servir à mieux rentabiliser leurs sociétés », ajoute Oumar Sarr.
La loi sur le contenu local dont le décret d’application a été pris en 2022 et les arrêtés signés, devrait favoriser la transformation de cet or issu de l’orpaillage.
Yanda Sow