L’exploitation prochaine du pétrole et du gaz au Sénégal, n’entrainera pas, systématiquement une baisse des factures d’électricité sur le court terme.
Le Sénégal prévoit de démarrer sa production de pétrole (Sangomar) et de gaz (GTA), d’ici à la fin de l’année 2023. Ce qui crée un enthousiasme chez les populations, qui voient à travers cette aubaine, une possibilité de réduire drastiquement leurs factures de l’électricité. Toutefois ils vont devoir prendre leur mal en patience, malgré le rapport entre cette production d’hydrocarbures en perspective et les coûts de productions.
Selon M Moustapha Touré, commissaire à la commission de régulation du secteur de l’énergie, ce n’est pas systématique. L’exploitation du gaz et du pétrole n’entraîne pas une baisse automatique des factures de l’électricité.
« Dans le court terme, il ne pourrait pas y avoir de réduction des prix de l’électricité parce qu’il va falloir prendre en compte les investissements qui sont faits pour mettre en place ces parcs de production efficace qui va permettre de produire une électricité de qualité mais à moindre coût ».
La baisse des coûts de production constitue un des éléments importants pour arriver à baisser le prix de l’électricité. Pour autant précise Moustapha Touré, « il y a d’autres éléments qui interviennent dans la chaine de production en dehors du gaz ou du pétrole. Et une gestion rationnelle de tous ces éléments combinés aura des conséquences bénéfiques pour l’operateur et par ricochet pour l’ensemble des usagers qui verront des coûts de l’électricité moins cher ».
C’est pourquoi il est important de prendre des mesures préalables et l’une de ces mesures c’est de pouvoir assoir une planification et une surveillances des projets qui seront mis en œuvre. « Heureusement avec la dernière réforme du cadre législatif notamment avec l’adoption d’un code de l’électricité, il est prévu la mise en place d’un programme intégré à moindre coût », précise Moustapha Touré.
C’est un programme qui permettra de planifier des investissements qui vont être effectués dans un horizon de 5 ans sur les différentes chaines de valeur de l’industrie de l’électricité à savoir la production, le transport et la distribution mais aussi un segment très important qui est l’électrification rurale.
Le Programme Intégré à Moindre Coût (PIMC) sera sous la responsabilité du ministère en charge de l’énergie mais la commission de régulation en tant qu’autorité chargée de veiller à la surveillance du marché, jouera un rôle central dans le pilotage du PIMC.
S’agissant du secteur des énergies renouvelables, le régulateur, en plus de ses compétences relatives à ses émissions d’avis sur certaines procédures, participe au processus de lancement d’appels d’offre. Cela permet de savoir si l’operateur a mis en place un parc de production optimal pour une électricité à moindre coût et accessible à la population.
Yanda Sow