Recyclage de plomb : Une nouvelle mise en demeure du METE à l’usine EMP

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Dans une initiative visant à garantir la transparence et la protection de la santé publique, le Centre de Recherche et d’Actions sur les Droits Économiques, Sociaux et Culturels (CRADESC) a organisé une réunion d’information réunissant parlementaires, représentants des communautés affectées et responsables du CRADESC. L’objectif de cette rencontre était de mettre en lumière les irrégularités entourant l’autorisation d’ouverture de l’usine de recyclage de plomb de Ndiakhate (EMP/Suarl Ex GANESHA) et la nouvelle mise en demeure du METE à l’EMP  face aux dangers environnementaux et sanitaires liés à ses activités.

Docteur Fatima Diallo, Directrice du CRADESC, a ouvert la réunion en exprimant sa satisfaction quant à l’implication des parlementaires dans ce dossier sensible.
« Nous nous félicitons de la démarche engagée par les membres de la commission du développement durable et de la transition écologique de l’Assemblée nationale. La visite de terrain auprès de l’usine a permis de constater, de manière concrète, les irrégularités dans l’autorisation d’ouverture ainsi que les violations répétées des règles environnementales. »
Elle a également souligné l’importance d’informer précisément les parlementaires, afin que ceux-ci puissent soutenir fermement les décisions prises par le gouvernement, notamment celles du ministère de l’Environnement et de la transition écologique. Selon elle, il est essentiel de rappeler que ce n’est pas la première mise en demeure adressée à l’usine, et que les constats de contamination par des polluants dangereux tels que le plomb et le mercure doivent servir d’alerte pour agir promptement.

Amy Ndiaye, présidente de la commission du développement durable et de la transition écologique de l’Assemblée nationale, a partagé son retour d’expérience suite à la visite effectuée sur le site de l’usine.
« Nous avons visité l’usine EMP Suarl à la demande du Directeur général, et malgré les affirmations des responsables quant au respect des normes environnementales, notre constat sur le terrain est préoccupant. Nous avons pu recueillir les témoignages des travailleurs ainsi que ceux des riverains, et il apparaît clairement que les distances réglementaires, notamment la distance minimale de 500 mètres entre l’usine et les habitations, n’ont pas été respectées. »
Elle a ajouté que la mise en demeure récente émise par le ministère de l’Environnement renforce la nécessité d’une intervention rapide. « Nous attendons avec impatience de rencontrer le ministre pour examiner le rapport d’étude de ses services, qui, nous l’espérons, confirmera la menace que représente cette installation pour la santé publique et l’environnement. »

Mamadou Leye, coordonnateur du collectif des impactés de Ndiakhate, a quant à lui témoigné de l’impact direct de l’usine sur la vie quotidienne des populations locales.
« Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les conséquences dramatiques de l’implantation de cette usine. Les femmes de notre communauté subissent un nombre inquiétant de fausses couches, les enfants tombent malades et, dans certains cas, ne survivent pas aux affections qui en découlent. La contamination de nos terres, qui rend impossible la culture des champs, ajoute à notre désarroi. »
Il a rappelé que, malgré plusieurs mises en demeure antérieures, la situation persiste et s’aggrave. « Nous demandons la fermeture définitive de l’usine. Il est inacceptable que la distance réglementaire ne soit pas respectée et que les risques sanitaires continuent de mettre en danger la vie de nos concitoyens. »

L’initiative du CRADESC, soutenue par les propos du Docteur Fatima Diallo, d’Amy Ndiaye et de Mamadou Leye, met en exergue l’urgence d’une intervention étatique forte. Alors que le ministère de l’Environnement a déjà émis une mise en demeure en date du 8 janvier 2025, les acteurs présents espèrent que cette mesure sera suivie d’une fermeture définitive de l’usine avant l’échéance du 8 avril, délai imparti pour se conformer aux règles.

En attendant, la réunion a servi de plateforme d’échanges constructifs entre les autorités publiques, les parlementaires et les communautés affectées, soulignant la nécessité de respecter scrupuleusement les normes environnementales et de garantir le droit à un environnement sain pour tous. Cette mobilisation collective témoigne de l’engagement des acteurs locaux pour que justice soit faite et que les décisions du ministère de l’Environnement soient pleinement appliquées, afin de préserver la santé des populations et l’intégrité des écosystèmes.

La lutte contre la pollution et les dérives administratives reste ainsi au cœur des préoccupations, avec l’espoir que la force des témoignages et des constats permettra d’aboutir à des mesures concrètes et durables en faveur de la sécurité sanitaire et environnementale.

Yanda Sow

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