Face aux enjeux climatiques et énergétiques, des acteurs du secteur pétrolier et gazier se sont réunis au Sénégal pour renforcer leurs capacités sur la gestion des émissions de méthane. À l’initiative de la Commission Énergie de l’Union africaine (AFREC), cet atelier met l’accent sur des solutions concrètes pour concilier développement énergétique, responsabilité climatique et crédibilité de l’Afrique sur les marchés mondiaux de l’énergie.
L’atténuation des émissions de méthane n’est plus une option, mais une urgence stratégique pour l’avenir énergétique du continent africain. C’est le message central porté par Mehdi Khouli, représentant du secrétaire général de la Commission Énergie de l’Union africaine (AFREC), lors de l’atelier de renforcement des capacités consacré à la gestion et à l’atténuation des émissions de méthane dans le secteur pétrolier et gazier africain, organisé au Sénégal.
Selon le représentant de l’AFREC, la maîtrise du méthane dépasse le simple cadre environnemental. « L’atténuation du méthane n’est pas une obligation administrative. C’est une préoccupation immédiate qui influence les performances futures, l’efficacité opérationnelle et la crédibilité de l’approvisionnement énergétique de l’Afrique », a-t-il souligné. Il insiste sur le caractère résolument pratique de la formation, axée sur des compétences opérationnelles, des applications concrètes et la préparation institutionnelle des acteurs.
L’atelier vise principalement à renforcer les capacités des professionnels sénégalais du secteur pétrolier et gazier, afin de leur permettre de mieux comprendre les enjeux liés au méthane, un gaz à effet de serre particulièrement puissant. « Chaque fuite de gaz représente non seulement un impact environnemental évitable, mais aussi une perte économique directe », rappelle Mehdi Khouli.
Au-delà du diagnostic, la formation ambitionne de doter les participants d’outils simples et adaptés pour la réduction et le suivi des émissions de gaz à effet de serre. L’accent est mis sur le rôle central des régulateurs, des opérateurs et des prestataires de services, à travers des techniques de surveillance de base et de meilleures pratiques opérationnelles.
L’initiative s’inscrit également dans une vision continentale, en lien avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Pour l’AFREC, une gestion responsable du méthane contribue à renforcer la sécurité énergétique, à améliorer la compétitivité des exportations africaines et à positionner les producteurs du continent comme des partenaires crédibles sur les marchés mondiaux de l’énergie, à l’heure où plusieurs juridictions africaines amorcent la mise en place de cadres réglementaires plus exigeants.
Présidant la cérémonie d’ouverture, Cheikh Niane, secrétaire général du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, a salué l’initiative de l’AFREC et réaffirmé l’orientation stratégique du Sénégal. « Notre pays est entré dans une nouvelle ère énergétique. L’exploitation du pétrole et du gaz constitue une opportunité historique de transformation économique et sociale », a-t-il déclaré.
Selon lui, le Sénégal a fait le choix clair d’un développement énergétique responsable, sobre en émissions et conforme aux meilleurs standards internationaux. « Ce choix n’est pas dicté par la mode, mais par une vision assumée : celle d’un Sénégal qui maîtrise son destin énergétique tout en respectant l’environnement grâce à l’efficacité, la transparence et l’innovation technologique », a-t-il précisé.
Dans ce cadre, la réduction des émissions de méthane apparaît comme un levier clé. Le méthane, bien que fortement impactant sur le climat, fait partie des gaz à effet de serre dont les émissions peuvent être réduites rapidement et efficacement, à condition de disposer d’une ingénierie maîtrisée, de procédures rigoureuses, d’un cadre réglementaire adapté et de systèmes robustes de mesure et de vérification.
Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines s’est engagé à renforcer ces différents piliers afin de faire du secteur pétrolier et gazier sénégalais un modèle africain de bonne gouvernance et de responsabilité environnementale. « Nous avons besoin de vos compétences, de vos analyses et de votre esprit critique. Cette formation doit être un espace de travail collectif au service de solutions adaptées à notre contexte », a insisté Cheikh Niane.
Soutenue par l’engagement constant de l’AFREC en faveur du renforcement des capacités africaines, cette session de formation se veut ainsi un catalyseur d’actions concrètes sur le terrain. L’objectif affiché est clair : renforcer la durabilité, la sécurité et la performance du secteur énergétique sénégalais, tout en inscrivant le pays dans une dynamique continentale de transition énergétique responsable.
Madiop